Les 4 types de maladies des plantes à repérer absolument

14 décembre 2025

Les statistiques ne mentent pas : chaque année, des hectares entiers de cultures s’effondrent sous l’assaut de maladies invisibles. Les ravages, eux, ne font pas de distinction entre le grand champ d’un agriculteur et le potager du voisin. Champignons, bactéries, virus, nématodes s’invitent sans frapper à la porte, s’en prennent aux racines, aux feuilles, aux fruits, et laissent derrière eux des récoltes amputées, parfois irrécupérables.

Repérer les différentes maladies qui frappent les plantes n’est pas réservé aux experts en blouse blanche. Identifier ces affections, comprendre comment elles se propagent et comment y faire barrage : tout cela fait la différence entre une récolte prometteuse et une saison décevante. C’est le socle d’une protection efficace et d’une prévention qui tient la route.

Maladies fongiques des plantes

Parmi tous les adversaires du potager, les maladies provoquées par des champignons sont celles qui reviennent le plus souvent sur le devant de la scène. Invisibles à l’œil nu, ces agents se multiplient à vitesse grand V, profitant de la moindre fluctuation d’humidité ou du moindre recoin mal aéré. Quelques-unes méritent une attention particulière :

Oïdium

L’oïdium, le fameux « blanc », ne passe pas inaperçu : une fine couche poudreuse colonise les feuilles, les tiges, parfois même les fruits. Ce champignon adore les alternances d’humidité et de sécheresse. Pour limiter sa progression :

  • Réduisez les arrosages inutiles et évitez de mouiller le feuillage.
  • Supprimez sans attendre les parties atteintes dès l’apparition des premiers signes.
  • Préférez les variétés moins sensibles à l’oïdium.

Mildiou

Les jardiniers craignent le mot « mildiou » autant que la pluie en pleine moisson. Cette maladie frappe fort les tomates, les pommes de terre, et s’annonce par des taches brunes qui s’étendent sur feuilles et fruits. Pour agir :

  • Alternez les cultures d’une année sur l’autre pour empêcher l’agent pathogène de s’installer.
  • Espacez les plants pour assurer une bonne circulation de l’air.
  • Gardez un œil attentif sur l’état des cultures, surtout après des pluies répétées.

Rouille

Des pustules orange ou brunes sur le revers des feuilles ? La rouille est passée par là. Les rosiers, poiriers et certaines graminées y sont particulièrement exposés. Pour limiter les dégâts :

  • Ramassez et éliminez feuilles mortes et parties malades dès leur apparition.
  • Laissez suffisamment d’espace entre les plants pour éviter la contagion.
  • Utilisez, si nécessaire, des traitements à base de cuivre, surtout en prévention.

Botrytis ou pourriture grise

Le botrytis, ou pourriture grise, s’invite volontiers dès que l’humidité s’installe, surtout en début ou en fin de saison. Une moisissure grise recouvre alors feuilles, tiges, fruits. Pour freiner sa progression :

  • Évitez que l’eau ne stagne sur ou autour des plantes.
  • Respectez des espacements suffisants pour favoriser la circulation de l’air.
  • Supprimez et détruisez sans délai les organes infectés.

Ces gestes concrets, répétés au fil de la saison, sont le meilleur rempart contre la prolifération des maladies fongiques.

Maladies bactériennes des plantes

Les attaques bactériennes sont moins fréquentes, mais leur impact peut être dévastateur lorsqu’elles frappent. Les bactéries pénètrent par les blessures, les stomates ou via le sol. Trois exemples typiques méritent d’être connus :

Feu bactérien

Le feu bactérien cible surtout les arbres fruitiers de la famille des rosacées. Les symptômes ne trompent pas : fleurs, feuilles et jeunes pousses flétrissent et brunissent rapidement. Face à ce fléau, il convient de réagir ainsi :

  • Éliminez les parties atteintes en les taillant et brûlez-les soigneusement.
  • Préservez l’écorce des blessures lors des travaux de taille.
  • Optez pour des variétés moins sensibles lorsque c’est possible.

Chancre bactérien

Le chancre bactérien sévit aussi bien sur les arbres que sur certains légumes. Il laisse des traces sombres et creusées sur branches et troncs, parfois accompagnées d’un écoulement gommeux. Pour réduire les risques :

  • Intervenez en période sèche pour toutes les opérations de taille.
  • Traitez préventivement avec des produits à base de cuivre.
  • Modérez les apports d’azote, facteur favorisant la sensibilité.

Pourriture molle

Les légumes et tubercules, comme la pomme de terre ou la carotte, sont les victimes favorites de la pourriture molle. Le tissu interne se décompose à grande vitesse, une odeur désagréable accompagne souvent le phénomène. Pour limiter la propagation :

  • Aérez les espaces de stockage et les cultures en pleine terre.
  • Surveillez l’humidité et évitez les excès d’eau.
  • Stockez les récoltes dans un lieu sec et tempéré.

La vigilance et l’adoption de pratiques de culture adaptées permettent de contenir la majorité des maladies d’origine bactérienne.

Maladies virales des plantes

Les virus, eux, ne laissent aucune chance à leurs hôtes : ils infiltrent les cellules, détraquent le métabolisme et se propagent souvent par l’intermédiaire des insectes ou des outils de jardinage. Les symptômes varient tellement qu’il n’existe pas de portrait-robot unique, mais certains cas sont bien connus.

Mosaïque du tabac

La mosaïque du tabac n’affecte pas que le tabac : tomates, poivrons et d’autres solanacées y sont sensibles. Les feuilles arborent alors des marbrures vert clair et foncé, signe typique de cette maladie. Voici comment réduire les risques :

  • Éliminez rapidement les plants malades.
  • Choisissez des variétés reconnues pour leur tolérance au virus.
  • Désinfectez les outils après chaque usage pour limiter les contaminations.

Virus de la jaunisse nanisante de l’orge

Ce virus cible principalement les céréales, provoquant jaunissement du feuillage et croissance ralentie. Les pucerons assurent la transmission. Pour agir efficacement :

  • Maîtrisez les populations de pucerons par des méthodes adaptées.
  • Employez des semences protégées contre le virus.
  • Pratiquez la rotation des cultures pour perturber le cycle du pathogène.

Courbure en fouet de la pomme de terre

Transmise par les cicadelles, cette maladie entraîne des taches jaunes et des tubercules déformés. Pour limiter les conséquences :

  • Surveillez la présence de cicadelles et intervenez si besoin.
  • Recourez à des insecticides uniquement en cas d’infestation avérée.
  • Semez des variétés moins sensibles lorsque cela est possible.

La lutte contre les maladies virales passe avant tout par la prévention, la sélection de variétés robustes et un suivi minutieux de l’état sanitaire des cultures.

maladies plantes

Maladies causées par des nématodes

Certains vers microscopiques, les nématodes, s’attaquent aux racines et grignotent dans l’ombre les réserves des plantes. Leurs dégâts sont parfois difficiles à diagnostiquer, mais leurs conséquences se lisent dans la faiblesse des cultures et la chute des rendements. Ils prospèrent surtout dans les sols légers et mal drainés.

Nématodes à galles

Les nématodes à galles (Meloidogyne spp.) forment des excroissances sur les racines, ce qui freine leur capacité à puiser eau et nutriments. Tomates, pommes de terre, aubergines figurent parmi leurs cibles favorites. Pour agir :

  • Alternez les cultures d’une année à l’autre pour dérouter ces parasites.
  • Favorisez les variétés résistantes quand elles existent.
  • Amendez le sol avec du compost pour renforcer la structure et limiter la prolifération.

Nématodes des lésions

Les nématodes des lésions (Pratylenchus spp.) créent des blessures sur les racines, ouvrant la porte à d’autres maladies. On observe alors un jaunissement du feuillage et des ralentissements de croissance. Les céréales, légumineuses et carottes sont souvent concernées. Pour limiter l’impact :

  • Enrichissez le sol avec des matières organiques adaptées.
  • Mettez en place des cultures dites « pièges » pour attirer et réduire la population de nématodes.
  • Surveillez régulièrement l’état hydrique de vos plantations.

Nématodes à kystes

Les nématodes à kystes (Heterodera spp.) forment des petits sacs remplis d’œufs sur les racines, capables de survivre plusieurs saisons dans la terre. Betteraves, pommes de terre, brassicacées sont parmi les plus vulnérables. Pour restreindre la contamination :

  • Nettoyez soigneusement tout le matériel de jardinage entre deux utilisations.
  • Évitez d’enchaîner les cultures sensibles sur une même parcelle.
  • Testez la solarisation du sol pour limiter la survie des œufs.

Face aux nématodes, la régularité et la diversité des pratiques culturales font toute la différence. Un sol vivant et bien entretenu reste votre meilleur allié.

Rien n’est plus décourageant que de voir des mois d’efforts réduits à néant par un parasite ou une maladie. Pourtant, une vigilance active et des gestes ciblés suffisent souvent à garder le potager en pleine forme. La prochaine récolte pourrait bien être la vôtre, saine et généreuse, à la hauteur de vos soins attentifs.

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