Un carré de carton posé à même la terre peut transformer tout un jardin. Cette évidence discrète, souvent ignorée, a pourtant révolutionné les pratiques de permaculture et séduit les jardiniers soucieux de préserver la vitalité du sol. Le carton brun, sans traitement, s’est imposé au fil des décennies comme une arme simple contre les herbes envahissantes et un moteur pour la vie souterraine.
Dans certains cercles, on brandit le carton comme un épouvantail, accusé de tous les maux à cause des encres ou des colles qu’il pourrait contenir. Pourtant, lorsqu’il est choisi brut, sans trace d’adhésif ou d’impression, il constitue une couverture saine et dégradable, reconnue par de nombreuses analyses pour sa fiabilité comme paillage sur les espaces cultivés.
Pourquoi le carton séduit de plus en plus les jardiniers en permaculture
Dans la sphère du jardinage écologique, le carton s’est taillé une place de choix. Utilisé en paillage dans les jardins et potagers, il répond à une double exigence : réduire l’effort au jardin et encourager toute la vie discrète du sol. La méthode est limpide : on étale du carton brut sur la terre, puis on le recouvre avec des matières organiques comme les feuilles mortes, les tontes de pelouse ou la paille. Ce simple geste freine la montée des herbes indésirables et maintient une humidité bienvenue, surtout lors des périodes où la sécheresse guette.
Les adeptes de la permaculture voient dans le carton un socle dégradable, idéal pour lancer de nouveaux espaces de culture. Une fois en décomposition, il nourrit les micro-organismes et accélère la transformation de la matière en humus. Cette technique se retrouve notamment lors de la création des fameuses lasagnes de culture : le carton, placé en première couche, bloque les herbes et alimente tout un monde vivant sous la surface.
Et l’usage ne s’arrête pas aux massifs ornementaux. Voici quelques exemples concrets d’utilisation du carton au jardin :
- Pailler les rangs d’un potager pour limiter la levée des indésirables
- Préparer rapidement une nouvelle zone de culture sans retourner la terre
- Protéger un sol laissé nu pendant l’hiver contre l’érosion et le froid
Ce matériau, à condition d’être brut et sans impression, trouve une place naturelle dans toute démarche de culture durable et peu coûteuse. De quoi séduire les jardiniers qui préfèrent l’action concrète à la dépense superflue.
Le carton au jardin : quels bénéfices écologiques et pratiques ?
Le carton, composé en majorité de cellulose, mérite d’être vu autrement que comme un simple déchet. Utilisé dans les massifs, il bloque la lumière, freine la pousse des mauvaises herbes et protège le sol des extrêmes climatiques, de la gelée au grand soleil. Cette barrière temporaire offre une sécurité lors des semis ou pour l’installation de nouveaux espaces de culture.
En se dégradant, le carton améliore la structure du sol. Il devient nourriture pour les vers de terre et stimule la diversité des micro-organismes souterrains. Cette décomposition lente apporte un supplément de matières organiques, encourageant la formation d’un humus stable. Beaucoup de jardiniers l’ajoutent au compost en tant que matière brune riche en carbone, ce qui permet de rééquilibrer le mélange avec les matières vertes et d’obtenir un compost de qualité.
Côté production, la majorité du carton provient de bois issu de forêts certifiées PEFC ou FCS. En France, il est collecté dans les magasins de bricolage ou les grandes surfaces, puis recyclé ou exporté. Ce matériau peut être réutilisé jusqu’à sept fois, s’inscrivant dans une logique de recyclage raisonné.
Pour résumer les principaux atouts du carton au jardin, voici une liste claire :
- Réduire la présence des herbes indésirables sans recours chimique
- Protéger le sol contre les aléas du climat
- Soutenir la biodiversité du sol
- Optimiser la qualité du compost en équilibrant les apports
Comment appliquer le carton pour réussir son paillage dans un massif
Pour tirer pleinement parti du paillage au carton, chaque étape compte. Il faut d’abord sélectionner du carton brut, sans encre colorée, sans plastique ni adhésif. Les boîtes à œufs, cartons d’emballage ou de pizza font l’affaire, tant qu’ils sont dépourvus de tout traitement. Retirez soigneusement agrafes et rubans.
Découpez ensuite le carton en plaques assez grandes pour couvrir l’espace à protéger. Superposez-les en chevauchant généreusement les bords, afin que la lumière ne puisse s’y faufiler : c’est le secret pour restreindre la repousse des herbes indésirables. Deux couches suffisent amplement. Arrosez abondamment pour que le carton adhère bien au sol et s’assouplisse, ce qui facilite aussi sa colonisation par les habitants du sous-sol.
Recouvrez ce tapis de carton avec un paillage végétal : feuilles mortes, tontes de gazon, copeaux de bois ou paille. Cette couche protège le carton, limite son dessèchement et l’empêche de s’envoler au moindre souffle. Le mélange de matières carbonées et azotées favorise aussi une décomposition harmonieuse.
Employé en première couche d’une lasagne de culture ou pour installer de nouveaux massifs, le carton prépare le terrain sans perturber la vie du sol. On peut appliquer cette méthode avant l’hiver pour protéger ses plantations, ou au printemps pour nettoyer une zone destinée à accueillir de jeunes plants.
Erreurs courantes et astuces pour tirer le meilleur du carton au jardin
Sous des dehors anodins, le carton de paillage demande une certaine rigueur. Beaucoup font l’erreur d’utiliser des cartons imprimés, plastifiés ou recouverts d’adhésifs, qui apportent au sol des colles, encres et films plastiques indésirables et ralentissent la décomposition. Il vaut mieux s’en tenir à un carton brut, sans traitement, débarrassé de tout accessoire.
Le type de sol et l’épaisseur du carton jouent un rôle déterminant. Trop de couches, au-delà de deux superpositions, risquent d’étouffer la terre et de perturber la petite faune. Un sol tassé ou peu aéré n’appréciera pas une couverture trop continue : il est conseillé de limiter l’emploi du carton à six mois d’affilée pour préserver l’activité du sous-sol.
Une vigilance particulière s’impose sur la provenance du carton. Certains, venus d’Asie, peuvent renfermer des polluants ou métaux lourds. Il est préférable de choisir des cartons issus de circuits français, fabriqués à partir de bois certifié PEFC ou FCS.
Pensez enfin à varier les ressources. Alterner le paillage au carton avec d’autres apports organiques comme la tonte de gazon ou le broyat de branches stimule la biodiversité et équilibre la nutrition du sol. Le carton s’utilise en solution temporaire : une fois la saison passée, il cède la place à un paillis végétal classique, pour un jardin vivant et respirant.
Adopter le carton au jardin, c’est miser sur une technique sobre et efficace, qui invite la nature à reprendre ses droits sans forcer la main. Un geste simple, une récolte de promesses pour les saisons à venir.


